La toute puissance : une force ou une faiblesse ?

Le Café Psy du 01.03.18

Je vous propose de visualiser le nourrisson que vous avez été. Vous sortez du ventre maternel. Jusqu’ici vous n’avez connu que la tiédeur, la pénombre, des sons feutrés, et la satiété. Pour la plupart d’entre vous, tout était doux et confortable. Vous arrivez soudain dans un monde aveuglant, assourdissant, et surtout totalement inconnu. Vous allez découvrir le froid, la faim, la douleur, sans avoir aucune idée ni aucun moyen pour y remédier. Vous êtes absolument dépendant. Sans avoir conscience de l’être. Sans même savoir ce que ça signifie, d’ailleurs.

C’est bien cela qu’il faut se représenter pour comprendre les nourrissons : leur totale ignorance du monde dans lequel ils arrivent. En attendant de comprendre leur environnement, ils peuvent donc tout imaginer.

Pour contrebalancer ces vécus de dépendance, de détresse et de vulnérabilité, le bébé se réfugie dans une illusion de toute-puissance qui va le protèger de sa terreur de l’abandon. Lire la suite

Pourquoi le sexisme ?

Le Café Psy du 11.01.18

En préambule, je tiens à préciser que je ne pratiquerai pas ce soir l’écriture ou le langage inclusif car que je suis tout aussi progressiste en matière d’égalité des sexes que traditionnelle en ce qui concerne la grammaire. Le masculin l’emportera donc sur le féminin dans les pluriels de ce texte mais ce sera son seul champ de domination ici.

Ceci posé, commençons.

Les hommes naissent dans les choux et les filles dans les roses, dit-on.. Or le choux est plus grand, plus robuste et plus utile que la rose, qui se contente d’être belle, fragile, et de sentir bon.

Voilà jusqu’où va se nicher le sexisme. Lire la suite

Vacances, j’oublie tout ?

Le Café Psy du 06.07.17

J’aurais pu intituler cette soirée « les vacances ou la vacance ? ». Comme j’aime bien la précision, voici les définitions de ces deux mots qui, du pluriel au singulier, changent de sens.

Les vacances sont une période pendant laquelle une personne cesse ses activités habituelles.

La vacance est soit l’état d’une charge vacante, soit un temps pendant lequel une fonction reste sans titulaire ou pendant lequel une autorité ne s’exerce plus.

Autrement dit, partir en « vacances » revient à s’emmener soi-même ailleurs – que ce soit géographiquement ou psychiquement.

Tandis que se mettre en « vacance » au singulier, ce serait plutôt se mettre dans la vacance de soi-même, s’extirper de soi – j’entends par là de son soi conscient et exigeant. C’est à dire se rendre vacant et échapper à notre propre autorité. Sommes-nous bien certains d’y parvenir lorsque nous sommes en vacances ? Lire la suite

Ma mère et moi – Introduction

Le Café Psy du 02.02.17

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Pour aborder la question du lien que nous entretenons, adulte, avec notre mère, il nous faut revenir un peu sur celui qui nous a attaché à elle dès les premiers mois, voire dès notre conception.

Car, en effet, comment faire abstraction de cette réalité universelle : nous nous développons dans une fusion totale avec notre mère durant les neuf premiers mois de notre vie. Quoi d’étonnant, alors, à ce qu’il en reste quelque chose dans les années qui suivent, que ce quelque chose s’apparente au bonheur ou à la douleur ? Lire la suite

Et l’inconscient répéta, répéta, répét… – Introduction

Le Café Psy du 08.06.16

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Une chose est sûre : nous forgeons notre propre destin. Malchance et prédestination sont bien souvent des alibis pour cette idée inacceptable : notre inconscient nous pousse à créer, ou plutôt à recréer des situations qui reproduisent à l’infini le scénario de nos premiers conflits infantiles, ou celui des traumatismes dont nous avons été victimes. Lire la suite